Recherche Exercice 25 septembre 2026
Chen et al., Orthop Surg. (2026)

Optimiser les résultats du port d’une contention chez les adolescents atteints de scoliose idiopathique

Les résultats de l’appareillage dans la scoliose idiopathique juvénile

Ajouter une télé-rééducation encadrée et supervisée en temps réel par un/une thérapeute a pratiquement doublé l’amélioration de l’angle de Cobb à 24 mois par rapport à des exercices à domicile en autonomie (réduction moyenne de 6,8° contre 3,5°).

Le groupe de télérééducation a porté ses orthèses bien plus régulièrement (18,7 contre 16,2 heures/jour) et a réalisé bien plus d’exercices prescrits (92,6 % contre 74,3 %), ce qui suggère que la supervision a renforcé l’adhésion au programme, et que cette meilleure adhésion a probablement contribué aux résultats plus favorables.

Les patients qui faisaient des exercices en autonomie au moins 4 fois par semaine ont quand même amélioré de façon significative, mais un peu moins que le groupe de télé-réadaptation. Par ailleurs, ce n’était pas une comparaison randomisée, donc une partie de l’écart peut refléter la façon dont les patients ont été répartis entre les groupes plutôt que l’intervention, à elle seule.

Introduction

Le port d’un corset combiné à des exercices spécifiques de scoliose en kinésithérapie (PSSE) est l’approche conservatrice de référence dans la scoliose idiopathique de l’adolescent. La partie « exercices » se fait le plus souvent à la maison, sans surveillance. En clair : la dose réelle dépend entièrement de la façon dont la famille maintient le programme une fois que plus personne ne regarde.

Dans un précédent research review, nous avons examiné l’efficacité du maintien par attelle souple versus rigide en lui-même. Cette review portait sur la question de quelle attelle prescrire. Ici, la question est différente : est-ce que la personne qui surveille pendant que les exercices se déroulent change quelque chose ?

Donc, si vous ajoutiez des séances vidéo en temps réel, supervisées par un thérapeute, du côté de l’entraînement pour le bracing, est-ce que l’orthèse fonctionnerait réellement mieux, ou est-ce que vous auriez juste l’impression que les exercices sont davantage encadrés, sans changer le résultat ?

 

Méthodes

Il s’agissait d’une étude de cohorte, pas d’un essai randomisé, portant sur des patients naïfs de tout traitement (âgés de 10 à 15 ans, angle de Cobb de 20 à 45°, grade de Risser 2 ou moins). Les participants venaient d’un seul centre tertiaire de prise en charge de la scoliose en Chine, avec un recrutement entre juillet 2021 et juillet 2023. Les patients ont été répartis en deux groupes selon l’angle de Cobb à l’inclusion et la maturité squelettique, plutôt que d’être assignés au hasard.

Les deux groupes portaient une orthèse de Chêneau personnalisée, modélisée en 3D, selon le même planning de port (avec une montée progressive à plus de 22 heures/jour), ajustée chaque mois, et suivaient le même programme d’exercices individualisés de kinésithérapie spécifique à la scoliose (PSSE). Cette méthode d’exercice utilisait des exercices correctifs à partir de la méthode Schroth, dont l’objectif est de travailler des exercices visant à corriger les courbures tridimensionnelles de la scoliose. La méthode met l’accent sur l’utilisation d’une respiration ciblée et de l’activation musculaire afin d’élargir les zones du tronc comprimées, d’allonger la colonne vertébrale et de corriger la rotation vertébrale.

Ainsi, les deux groupes stratifiés ne différaient que par la façon dont la partie exercice était administrée :

Groupe de télé-réadaptation : Ces adolescents ont reçu des séances vidéo synchrones de 40 minutes, 5 fois par semaine. Un thérapeute surveillait la posture et l’alignement rachidien pendant les exercices, en temps réel, avec une correction immédiate.
Groupe en auto-guidage : Où les adolescents s’exerçaient sous la supervision de leur parent/tuteur. Les séances à domicile étaient requises, au moins 200 minutes par semaine. Les parents/tuteurs ont été formés selon un niveau de compétence avant de commencer la période d’exercices, afin de garantir que de bonnes corrections et recommandations soient apportées. On leur a demandé de remplir des journaux d’exercices pour suivre l’observance.

 

Résultats

Les principaux critères de jugement d’intérêt étaient les suivants :

  • La quantité de correction coronal, définie par l’angle de Cobb,
  • L’amplitude de la rotation axiale : quantifiée à l’aide de l’angle de rotation du tronc (ATR),

Les critères secondaires incluaient le questionnaire Scoliosis Research Society (SRS-22), un critère patient-déclaré. L’observance du port de l’orthèse et la conformité aux exercices ont également été mesurées. Tous les critères ont été recueillis au départ, à 6, 12 et 24 mois.

 

Résultats

Au total, 67 adolescents présentant une scoliose idiopathique ont été inclus, dont 34 ont reçu des exercices guidés par téléréadaptation, et 33 ont effectué des exercices autoguidés à domicile. Les caractéristiques initiales (âge, sexe, IMC, angle de Cobb, type de courbure) étaient comparables entre les groupes.

Optimiser les résultats du traitement par corset en cas de scoliose idiopathique juvénile

De : Chen et al., Orthop Surg. (2026)

 

Optimiser les résultats du traitement par corset en cas de scoliose idiopathique juvénile

De : Chen et al., Orthop Surg. (2026)

 

Angle de Cobb

Le critère de jugement principal de correction de la courbure scoliotique a montré des réductions progressives de l’angle de Cobb dans les deux groupes. Les auteurs ont présenté un cas typique de régression de la scoliose dans le groupe autoguidé (figure 3) et dans le groupe de télé-réadaptation (figure 4).

Optimiser les résultats du traitement par corset en cas de scoliose idiopathique juvénile

De : Chen et al., Orthop Surg. (2026)

 

 

Optimiser les résultats du traitement par corset en cas de scoliose idiopathique juvénile

De : Chen et al., Orthop Surg. (2026)

 

Le tableau ci-dessous montre l’évolution de la régression de la courbe dans les deux groupes. Bien que les deux groupes se soient améliorés, à 12 et 24 mois, la différence entre les groupes est devenue statistiquement significative en faveur du groupe de télé-réadaptation. Donc, les deux groupes se sont améliorés au fil du temps, mais le groupe de télé-réadaptation a pris l’avantage. À 24 mois, 70,6 % du groupe de télé-réadaptation avaient obtenu une amélioration cliniquement significative (≥ 5° de réduction) contre 57,6 % dans le groupe auto-guidé, et l’aggravation (≥ 5°) était plus rare dans le groupe de télé-réadaptation (2,9 % vs 6,1 %).

Optimiser les résultats du traitement par corset en cas de scoliose idiopathique juvénile

De : Chen et al., Orthop Surg. (2026)

 

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De : Chen et al., Orthop Surg. (2026)

 

Angle de rotation du tronc (ART)

L’angle de rotation du tronc s’est amélioré dans les deux groupes, mais à 24 mois, l’amélioration était plus importante dans le groupe de télérééducation aussi (baisse de 4,0° vs 2,0°, p = 0,005).

Optimiser les résultats du traitement par corset en cas de scoliose idiopathique juvénile

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Qualité de vie

Sur le questionnaire SRS-22, les deux groupes ont amélioré tous les domaines à 24 mois, mais le groupe de télérééducation a atteint une différence statistiquement significative sur la fonction et la satisfaction dès 12 mois, alors que le groupe en auto-guidage n’a atteint la significativité sur ces domaines qu’à 24 mois — en clair, quelques mois d’avance pour se sentir mieux, sans différence finale sur la destination.

Optimiser les résultats du traitement par corset en cas de scoliose idiopathique juvénile

De : Chen et al., Orthop Surg. (2026)

 

Optimiser les résultats du traitement par corset en cas de scoliose idiopathique juvénile

De : Chen et al., Orthop Surg. (2026)

 

Le port d’une attelle et l’observance de l’exercice

C’est ici que l’écart entre les groupes était le plus important. Une meilleure observance du temps moyen quotidien de port de l’orthèse a été obtenue dans le groupe de télérééducation. Cela s’est traduit par un temps de port plus élevé, ainsi que par une proportion plus importante d’adolescents respectant le seuil d’observance cible de plus de 18 h de port par jour. L’adhésion aux séances d’exercice était nettement meilleure dans le groupe de télérééducation, avec un taux moyen d’achèvement des séances de 92,6 % contre 74,3 % dans le groupe en auto-guidage. Et là encore, une plus grande proportion d’adolescents atteignait au moins 80 % d’observance : 97,1 % contre 60,6 %.

Un test de sous-groupe comparant le groupe de télérééducation aux seuls patients en auto-prise en charge qui s’exerçaient au moins 4 fois par semaine (n=20) a montré que le groupe de télérééducation continuait d’améliorer davantage (variation de Cobb −6,8° vs −4,6°, p<0,001), mais que l’écart s’est nettement réduit par rapport au groupe complet en auto-prise en charge.

Optimiser les résultats du traitement par corset en cas de scoliose idiopathique juvénile

De : Chen et al., Orthop Surg. (2026)

 

Questions et réflexions

Que sont les exercices spécifiques de scoliose du thérapeute (PSSE) ?

Les exercices spécifiques au PSSE sont des exercices personnalisés, conçus pour cibler précisément la déformation tridimensionnelle observée dans la scoliose. Ils ne se résument pas à de simples exercices de renforcement général. L’objectif est d’aider le patient à corriger activement sa posture et l’alignement de la colonne vertébrale autant que possible, puis d’intégrer cette position corrigée dans les activités du quotidien. Dans cette étude, le PSSE comprenait quatre composantes principales :

  • correction de la posture pendant des activités comme se tenir debout, s’asseoir et marcher ;
  • Exercices correctifs basés sur la méthode Schroth ;
  • des exercices visant l’alignement dans le plan sagittal ;
  • exercices de renforcement de la sangle abdominale et du tronc.

Les exercices illustrés à la figure 1 montrent à quoi cela peut ressembler, concrètement. Par exemple, les patients ont été invités à déplacer le tronc ou le bassin dans une direction correspondant à leur schéma de courbure, à déployer le côté concave du tronc pendant l’inspiration, puis à utiliser une expiration contrôlée avec une activation isométrique des muscles du dos. Ainsi, ces exercices apprennent à un adolescent atteint de scoliose à « s’auto-corriger » activement leur posture en 3D, plutôt que de chercher uniquement à devenir, de façon générale, plus fort ou plus souple. Les exercices exacts dépendent du schéma de courbure de la personne.

Optimiser les résultats du traitement par corset en cas de scoliose idiopathique juvénile

De : Chen et al., Orthop Surg. (2026)

 

Pourquoi le seuil de bonne observance pour le port de l’orthèse a-t-il été fixé à un niveau inférieur au temps de port recommandé ?

Le seuil de conformité cible a été fixé à au moins 18 h de port de l’orthèse par jour. Ainsi, les auteurs ont obtenu 88,2 % de conformité dans le groupe de télérééducation, contre 51,5 % dans le groupe auto-guidé, ce qui a entraîné une différence significative entre les groupes. Aucune explication directe n’a été donnée pour la baisse de ce seuil de conformité. Cela peut refléter une pratique courante de référence, mais la prescription a été faite autrement. Fixer un seuil plus bas que ce qui est recommandé peut gonfler un certain chiffre, donc je serais prudent dès le départ avec cette grande différence entre les groupes. Une différence aurait pu apparaître, car le groupe de télérééducation a été davantage suivi, et, du coup, l’adhérence au plan peut être ressentie par les participants comme « une obligation », bien sûr. Mais fixer le seuil aux 22 heures prescrites aurait peut-être montré moins de différence. Bien sûr, le temps de port de l’orthèse doit se baser sur les pratiques actuelles de référence, mais il y a beaucoup de variations entre les recommandations. Par ailleurs, différents types d’orthèses peuvent aussi donner des résultats différents, et le choix devrait donc être individualisé par les médecins qui suivent le patient. Dans une research review précédente, nous avons examiné une étude portant sur l’efficacité de différents types d’orthèses.

 

Qu’est-ce que vous changeriez concrètement dans votre pratique, en vous appuyant sur ce point ?

Le principal résultat ne tient pas vraiment à la technologie de télé‑réadaptation ; il s’agit surtout de l’adhésion. Le groupe de télé‑rééducation a davantage porté ses orthèses (88 % contre 52 % ont atteint la barre des 18 heures/jour) et a davantage fait ses exercices (93 % contre 74 % de bonne réalisation). Ces deux points expliquent plausiblement la majeure partie des meilleurs résultats en ce qui concerne l’angle de Cobb et la rotation. L’appel vidéo est le mécanisme qui a favorisé l’adhésion — pas forcément le « ingrédient actif » lui-même.

Cette distinction compte si vous n’avez pas de thérapeute disponible pour 5 séances vidéo supervisées par semaine — ce qui est le cas dans la plupart des cabinets. La comparaison entre sous-groupes offre un recours partiel : les patients en auto-suivi qui ont tenu au moins 4 séances par semaine ont comblé une bonne partie de l’écart, sans pour autant le supprimer totalement. Donc, la conclusion pratique n’est pas « il vous faut une infrastructure de télésanté, sinon ça ne marche pas » ; c’est « suivez de près la fréquence des exercices et vérifiez le port de la contention, et poussez activement pour qu’ils soient respectés — ce n’est pas une case à cocher une seule fois lors de la prescription initiale ».

Si vous prescrivez un corset en complément d’exercices à faire à la maison demain, ces données soutiennent l’idée d’intégrer un vrai point de contrôle : un appel de suivi planifié, un simple journal que la famille vous renvoie, bref tout ce qui fait que les exercices et le port du brace semblent suivis — plutôt qu’« optionnels » — au lieu de partir du principe que les consignes initiales suffiront.

À garder en tête : les familles n’ont pas été réparties au hasard entre les groupes. Il est possible que les familles qui ont finalement fait 5 séances supervisées par semaine étaient déjà plus investies, ou avaient des emplois du temps plus flexibles, que celles qui n’en faisaient pas — et que cette implication, plus que l’appel vidéo, fasse une partie du travail. Cela ne rend pas les données d’adhérence moins utiles sur le plan clinique, mais c’est une raison de ne pas trop vendre la supervision par vidéo comme si c’était « la » chose qui compte.

 

Parle-moi comme un intello

Ce n’était pas un essai randomisé. Les patients ont été stratifiés selon l’angle de Cobb à l’inclusion et la maturité squelettique en groupes, sans attribution aléatoire : il reste donc une vraie marge pour un biais de sélection. Par exemple, les familles capables et disposées à suivre 5 séances vidéo synchrones par semaine peuvent différer de façon systématique (sur la flexibilité de l’emploi du temps, l’accès à la technologie ou la motivation de base) des familles qui n’ont pas suivi cette voie, de manière que les variables de stratification ne capturent pas.

Le masquage n’était pas non plus possible : les patients et les thérapeutes savaient tous deux à quel groupe ils appartenaient. C’est une limite normale pour ce type d’intervention, mais elle vaut quand même d’être signalée, notamment pour les critères de jugement SRS-22 auto-déclarés : le fait de savoir que vous êtes dans le groupe « renforcé » pourrait raisonnablement influencer la façon dont vous évaluez votre propre satisfaction.

Une limite de cette étude est que les auteurs ont mené des mesures répétées, mais n’ont pas utilisé d’analyses avec mesures répétées. Ils s’appuient plutôt sur des tests t appariés et indépendants pour leurs comparaisons intergroupes. Par ailleurs, ils n’ont pas corrigé ces comparaisons multiples, ce qui rend possible le fait que certaines valeurs de p deviennent significatives par hasard.

C’est aussi une étude menée dans un seul centre, avec une plateforme spécifique (Tencent Meeting) et un protocole de contention propre à une équipe ; l’effet observé ne se transfère donc pas forcément tel quel à une autre clinique, une autre technologie ou une autre population. Les auteurs n’ont pas non plus mesuré le rapport angulaire de déformation coronaire (C-DAR), un critère plus récent que d’autres études ont associé au risque d’échec de la contention : cette étude ne peut donc pas vous dire comment ces groupes se comparent sur ce prédicteur précis.

Le suivi a été arrêté à 24 mois, en période de maturation osseuse (pas jusqu’à une maturité osseuse complète). Certaines publications suggèrent que 15 à 20 % des patients porteurs d’une orthèse voient une “reprise” de la courbure après la réduction/arrêt de l’orthèse à maturité. Donc, la question de savoir si le bénéfice observé dans le groupe de télé-rééducation reste valable au-delà de ce point n’est réellement pas vérifiée par cette étude.

Il y a plusieurs incohérences entre la discussion et les tableaux de résultats, qui font paraître certaines conclusions des auteurs plus solides que ce que les données rapportées permettent réellement. Par exemple, la discussion évoque des améliorations antérieures survenues à « 3 mois versus 6 mois », alors que l’étude ne présente que des évaluations à l’inclusion (baseline), à 6, 12 et 24 mois, sans aucune évaluation à 3 mois décrite. La discussion rapporte aussi des variations du score de fonction physique au SRS-22 de Δ0,8 dans le groupe de télé-réadaptation par rapport à Δ0,3 dans le groupe autonome, tandis que les tableaux 7 et 8 montrent que les scores de fonction n’évoluent que de 4,2 à 4,3 et de 4,3 à 4,4, respectivement. Ces divergences indiquent que les tableaux numériques devraient peser davantage que certaines affirmations de la discussion. Plus loin dans la discussion, les auteurs mentionnent également un taux d’amélioration de l’angle de Cobb observé de 70,6%. Cependant, la formulation est mal choisie : ils voulaient dire que 70,6% des patients du groupe de télé-réadaptation ont atteint une amélioration de l’angle de Cobb jugée significative par l’étude, avec un seuil de 5° ou plus. C’est important de le rendre explicite, car « taux d’amélioration » fait penser à une variation en pourcentage de l’angle, alors qu’ici il s’agit en réalité d’un pourcentage de patients ayant atteint un seuil catégoriel.

Les auteurs indiquent également que leurs résultats établissent une « voie causale » entre le feedback en temps réel, l’amélioration de la biomécanique et, ensuite, de meilleurs résultats rapportés par les patients, mais cette interprétation va au-delà de ce que la conception de l’étude permet de démontrer. Comme il s’agissait d’une étude de cohorte non randomisée et que la qualité de l’exercice n’a pas été mesurée directement ni testée formellement comme médiateur, l’étude peut montrer des associations entre la télérééducation et de meilleurs résultats, mais elle ne peut pas confirmer que le feedback en temps réel lui-même est à l’origine de ces améliorations.

Une force de cette étude réside dans l’inclusion de participants naïfs en termes de traitement, en supposant que la stratification du groupe n’ait pas joué de rôle, alors que des résultats généralement meilleurs sont attendus chez les participants recevant le « meilleur traitement ». Pour autant, on ne voyait pas clairement comment cette naïveté était définie et maintenue, dans un contexte où l’accès à Internet est ouvert.

 

Messages à emporter

Cette étude nous montre que l’ajout de séances d’exercices supervisées en temps réel à un port de corset a amélioré l’angle de Cobb sur 24 mois et la correction de la rotation du tronc, de façon plus marquée et plus rapide que l’exercice à domicile en autonomie, et que le groupe supervisé a présenté une adhésion nettement plus élevée à la fois au port du corset et aux exercices, ce qui explique vraisemblablement en grande partie de meilleurs résultats.

Comme l’attribution du traitement n’a pas été randomisée, nous ne pouvons pas déterminer dans quelle mesure le meilleur résultat provient d’une meilleure technique d’exercice, d’une meilleure observance, d’une exposition accrue au brace, d’un plus grand contact avec le thérapeute ou de différences préexistantes entre les familles.

Ce qu’elle ne peut pas nous dire, c’est si une supervision vidéo est spécifiquement nécessaire, ou si n’importe quelle méthode fiable pour obtenir la même observance produirait des résultats similaires, puisque cette étude n’était pas une comparaison randomisée et n’a pas isolé l’observance comme variable à part entière. Elle ne peut pas non plus nous dire si l’avantage se maintient au-delà de la maturité squelettique.

La rééducation à distance ne doit pas forcément se résumer à envoyer à vos patients un programme d’exercices. L’intervention comprenait une observation en direct du mouvement, une correction immédiate, une exposition structurée aux exercices, le suivi de l’adhérence, ainsi qu’une gestion continue de l’orthèse.

L’orthèse fait le travail mécanique, mais il faut encore quelqu’un pour s’assurer que les exercices sont bien réalisés.

 

Référence

Chen T, Zhou H, Chen Q, Chen L, Zhang Z, Shu Z, Jiang S, Wang X, Wu A, Huang X. Effets d’une contention associée à des exercices spécifiques de scoliose idiopathique de l’adolescent, guidés par télé-réadaptation, menés par la famille. Orthop Surg. 2026 mars ;18(3) :511-522. doi : 10.1111/os.70265. PMID : 41615191 ; PMCID : PMC12967554.